lundi 6 juin 2016

Les Burundais de la diaspora estimés à près de 365.000 personnes

Les Burundais de la diaspora sont estimés actuellement à près de 365.000 personnes réparties principalement sur les continents africain (87%), américain 6%), européen (6%), asiatique et australien (1%), a révélé vendredi à Bujumbura le colonel en retraite, Didace Nzikoruriho, en qualité de consultant auprès de la mission de l’OIM (Organisation Internationale des Migrations).

Le consultant Nzikoruriho, qui intervenait en marge d’une cérémonie de lancement de la politique nationale de la diaspora, a souligné que cette politique s’inscrit dans un environnement socio-économique difficile. ″Le pays fait face à des défis dont les plus importants, sont la maîtrise de la production, l’accroissement de la production agricole, l’efficacité de la dépense publique, le développement du secteur privé, énergétique et minier ainsi que le renforcement des capacités″, a-t-il souligné.
 
M. Nzikoruriho a fait remarquer qu’en dépit de l’implication de la diaspora burundaise dans le processus de développement du pays, elle demeure cependant ″peu structurée″ avec des ″divergences″ d’approches et de leadership. Il a affirmé que l’existence de cette diaspora se confond avec l’histoire douloureuse émaillée de conflits armés qu’a connus le Burundi dès le début des années 1960, au cours desquelles des milliers de burundais ont pris le chemin de l’exil.
 
Selon le consultant, l’apport financier de la diaspora burundaise, d’une valeur de 158, 14 millions USD entre 2009 et 2013 représente une part non négligeable dans l’entretien des ménages et dans l’économie du pays. Les montants de ces envois de fonds ne sont pas estimés à leur juste valeur du fait des transferts informels, a-t-il affirmé tout en faisant remarquer que cet argent ne soit pas, le plus souvent, canalisé vers des secteurs productifs.
 
Il a souligné également que les débats au sein de la diaspora burundaise, reflètent les contingences politiques internes du pays. Toutefois, a-t-il nuancé, il se dessine actuellement une volonté de dépasser les ″clivages″ pour aller vers des regroupements ou des fédérations.
 
Le consultant a fait savoir également que la guerre civile burundaise d’octobre 1993 à mai 2008, a induit un nouveau flux migratoire, particulièrement vers l’Europe, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et l’Afrique (Kenya, Ouganda, Zambie, Afrique du Sud) aussi bien sous le statut de réfugié que sous des systèmes de protection temporaire ou subsidiaire. La question migratoire au Burundi, a-t-il signalé, s’observe également par une migration de cadres intellectuels vers le Rwanda voisin à la recherche d’une ″plus grande″ reconnaissance de leur valeur professionnelle et par un salaire supérieur.
 
Se référant aux résultats d’une étude faite en 2007 sur la problématique de ″fuite des cerveaux″, il a indiqué que l’enseignement supérieur burundais a perdu dans cette migration 63% des professeurs. Pour que la diaspora puisse participer effectivement dans le renforcement de la démocratie et le développement, il a recommandé au gouvernement d’initier des innovations incitatives. Il a cité notamment la satisfaction à des revendications-clés de la diaspora comme la baisse du coût des documents de voyage (passeports) et l’accès au foncier.

BUJUMBURA, 4 juin (ABP)

1 commentaire:

  1. Il faut plutot que la diaspora burundaise stoppe d"envoyer de l'argent a nkuru.

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