mardi 5 avril 2016

La division au sein de l’armée est entretenue par le Commandant suprême, dénonce Bernard Busokoza

Un officier de l’armée burundaise est porté disparu depuis ce dimanche 3 avril 2016. Cet officier prénommé Vianney et portant le sobriquet de ‘’Gishubi’’ a été vu dans la zone Cibitoke en mairie de Bujumbura être embarqué par des policiers sans mandat. La famille de l’officier s’inquiète et pense qu’il est victime d’être issu des anciennes Forces Armées Burundaises (FAB) de même qu’un autre militaire enlevé la veille. L’ancien Vice-président Bernard Busokoza dénonce le Président Nkurunziza qu’il accuse d’entretenir la division.

Jean Marie Vianney surnommé ‘’Gishubi’’ a été appréhendé par des policiers dans l’après-midi de ce dimanche. Cet officier travaille à l’hôpital militaire de Kamenge et habitait dans le camp Ngagara. Les proches de l’officier indiquent qu’il est victime d’avoir appartenu aux anciennes Forces Armées Burundaises (FAB), tout comme d’autres militaires malmenés et arrêtés sans motifs pour être des ex-FAB.

Peu avant cet officier, un autre militaire, le caporal-chef Serge Nkurikiye, avait aussi été arrêté la veille alors qu’il se trouvait près du petit séminaire de Kanyosha. Ce dernier travaillait au Mess des officiers de Bujumbura.

 
Pour ce militaire qui a requis l’anonymat, la situation est intenable au sein de l’armée : « ils dépassent les bornes ! Beaucoup ont été tués sans raisons. On ne sait pas où ils les emmènent » déplore-t-il.

Une profonde scission s’observe au sein de l’armée depuis le début de la crise. Les militaires accusent le pouvoir d’être à l’origine de ces divisions où ceux issus des anciens mouvements rebelles ont été utilisés pour malmener les militaires issus des ex-FAB. Et pourtant, le Chef d’état-major de l’armée avait récemment exigé aux militaires issus des mouvements armés de cesser toute attaque contre leurs camarades issus des anciennes Forces armées burundaises.
Pour les militaires issus des ex-FAB, ce discours ne doit pas demeurer de vains mots : « la causerie morale que le chef d’état-major a animé avec nous à Muzinda n’était que tromperie destinée à l’opinion et à la communauté internationale. Il disait à ses anciens compagnons du maquis d’arrêter de nous malmener. Mais voyez que quelques jours après ce discours, ils refont les mêmes choses et font arrêter des militaires. On ne sait pas ce qu’ils veulent » martèle un de ces militaires.

Depuis le début de la crise et particulièrement après la tentative ratée de coup d’Etat de mai 2015, plusieurs militaires et policiers ont été arrêtés. Bien que certains ont été relâchés ou emprisonnés dans des cachots officiels, plusieurs autres sont portés disparus depuis leurs interpellations. C’est le cas du policier Alexis Manirakiza surnommé ‘’Kabila’’, de l’Adjudant Alexis Hakizumukama, un sous-officier de matricule 5006 qui travaillait au service médical de la 5ème région militaire, ou encore le Capitaine Eddy Clovis Ndabaneze également porté disparu.

« Le commandant suprême est le seul responsable » dixit Bernard Busokoza

Ce climat de division au sein de l’armée burundaise est dû à l’attitude du Président Pierre Nkurunziza et tous ceux qui ont intégré l’armée sans connaître réellement leur mission. C’est ce que dénonce l’ancien Vice-président de la République et lui-même ancien membre des Forces Armées Burundaises Bernard Busokoza.

Pour l’actuel cadre de l’UPRONA non-gouvernemental, ce qui se passe aujourd’hui est une honte : « je pense qu’ils ne connaissent pas leur mission au sein de l’armée. En acceptant d’intégrer l’armée, on accepte de protéger les frontières du pays ainsi que les citoyens sur le territoire ».

Bernard Busokoza démontre qu’en choisissant de malmener des collègues de l’armée, la finalité est un affaiblissement du corps entier : « on ne peut pas remplir convenablement sa mission lorsqu’on s’attèle plutôt à malmener ses camarades. En principe, sur le terrain en période de guerre on doit compter sur ses camarades et se protéger mutuellement face à l’ennemi. Les supérieurs hiérarchiques doivent aussi animer des causeries morales régulièrement pour maintenir l’unité de l’armée en particulier le Commandant Suprême qui est le Président de la République ».

L’ancien numéro deux de l’exécutif fustige justement le Président Nkurunziza qui a tout fait pour alimenter les divisions en cours au sein des FDN selon lui : « je ne suis pas étonné que le Président ait échoué dans sa mission. Avec une armée bien bâtie comme celle du Burundi, il n’aurait jamais dû créer une milice parallèle des ‘’Imbonerakure’’ et autres groupuscules ! Je vous garantit que la reconsolidation de l’armée sera une tâche très difficile » ajoute Bernard Busokoza.

Une autre conséquence de cette division de l’armée entretenue par les autorités burundaises, c’est le malaise sûrement ressenti par les militaires en mission de maintien de la paix dans d’autres pays : « Imaginez les habitants de ces pays qui leur disent qu’au Burundi ils ne parviennent pas à assurer la sécurité alors qu’ils viennent chez eux maintenir la paix ! C’est vraiment déshonorant et la hiérarchie militaire actuelle de même que les autorités du pays devraient cesser immédiatement ces divisions car cela ne mènera à rien de bon. C’est un pouvoir mauvais, c’est de l’irresponsabilité que de vouloir diviser l’armée. Il faut plutôt construire l’armée. Je conseille à nos militaires de défendre uniquement le Burundi et de ne plus prêter oreille à ceux qui les envoient tuer leurs compatriotes » termine l’ancien officier de l’armée Bernard Busokoza. 
lundi, 04 avril 2016 09:40, http://www.rpa.bi

1 commentaire:

  1. Murantwenza kabisa, none ko mufise inkoho et autres moyens, pourquoi vous laissez vous tuer comme des mouches? je vous croyez braves mais je suis tres decu. wanga gutanga amaraso yawe nki intwari imbwa zikayanya. Nimuje mwishamba murwanye cette injustice et barbarie. ni gute abo ba DD qui n ont jamais occuper meme une commune durant leur maquis babananira?

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